*(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (Calligrammes, 1918). Voici de quoi est fait le chant symphonique de l’amour Il y a le chant de l’amour de jadis Le bruit des baisers éperdus des amants illustres Les cris d’amour des mortelles violées par les dieux Les virilités des héros fabuleux érigées comme des pièces contre avions Le hurlement précieux de Jason Le chant mortel du cygne Et l’hymne victorieux que les premiers rayons de soleil ont fait chanter à Memnon l’immobile Il y a le cri des Sabines au moment de l’enlèvement Il y a aussi les cris d’amour des félins dans les jongles La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales Le tonnerre des artilleries qui accomplissent le terrible amour des peuples Les vagues de la mer où naît la vie et la beauté Il y a là le chant de tout l’amour du monde
*(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspiré d’un poème de Charles Baudelaire, sur l’album de Madame Emile Chevalet (Œuvre posthume). Au milieu de la foule, errantes, confondues, Gardant le souvenir précieux d’autrefois, Elles cherchent l’écho de leurs voix éperdues, Tristes comme le soir deux colombes perdues Et qui s’appellent dans les bois.
(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre, 1913-1916) Et leurs visages étaient pâles Et leurs sanglots s’étaient brisés Comme la neige aux purs pétales Ou bien tes mains sur mes baisers Tombaient les feuilles automnales
*(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916). Il retrouve dans sa mémoire La boucle de cheveux châtains T’en souvient-il à n’y point croire De nos deux étranges destins Du boulevard de la Chapelle Du joli Montmartre et d’Auteuil Je me souviens murmure-t-elle Du jour où j’ai franchi ton seuil Il y tomba comme un automne La boucle de mon souvenir Et notre destin qui t’étonne Se joint au jour qui va finir
*(« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée par le poème de Guillaume Apollinaire : Nuit rhénane (Rhénanes, Alcools, 1913) Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme Écoutez la chanson lente d’un batelier Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds Debout chantez plus haut en dansant une ronde Que je n’entende plus le chant du batelier Et mettez près de moi toutes les filles blondes Au regard immobile aux nattes repliées Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter La voix chante toujours à en râle-mourir Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire)
*(« Mourir De Tendresse », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Barnabé Farmian Durosoy (1766). Ô toi ! l’unique objet que mon cœur puisse aimer ; Toi, qui fis naître en moi le plus tendre délire, Apprends que le destin te fit pour me charmer, Et qu’un dieu me créa pour suivre ton empire. Mon cœur s’attache au tien ; tu fais son existence ; Le souffle de ta bouche est l’objet de mes vœux ; Près de toi je l’aspire, et je brûle en silence ; Je t’adore, et succombe à l’excès de mes feux. Objet aimé, ta vue est pour moi le bonheur : Mes sens en sont troublés, mon âme est dans l’ivresse : Ah ! laisse-moi toujours te dévouer mon cœur, Te consacrer ma vie, et mourir de tendresse.)
*(« Le Revenant », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Charles BAUDELAIRE (recueil « Les fleurs du mal ».) Comme les anges à l’œil fauve, Je reviendrai dans ton alcôve Et vers toi glisserai sans bruit Avec les ombres de la nuit, Et je te donnerai, ma brune, Des baisers froids comme la lune Et des caresses de serpent Autour d’une fosse rampant. Quand viendra le matin livide, Tu trouveras ma place vide, Où jusqu’au soir il fera froid. Comme d’autres par la tendresse, Sur ta vie et sur ta jeunesse, Moi, je veux régner par l’effroi.)
*(« Je Voudrais Que Tu Sois Le Paradis », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème de Guillaume Apollinaire, « Gui chante pour Lou » (Recueil – Poèmes à Lou) Mon ptit Lou adoré Je voudrais mourir un jour que tu m’aimes Je voudrais être beau pour que tu m’aimes Je voudrais être fort pour que tu m’aimes Je voudrais être jeune pour que tu m’aimes Je voudrais que la guerre recommençât pour que tu m’aimes Je voudrais te prendre pour que tu m’aimes Je voudrais te fesser pour que tu m’aimes Je voudrais te faire mal pour que tu m’aimes Je voudrais que nous soyons seuls dans une chambre d’hôtel à Grasse pour que tu m’aimes Je voudrais que nous soyons seuls dans mon petit bureau près de la terrasse couchés sur le lit de fumerie pour que tu m’aimes Je voudrais que tu sois ma sœur pour t’aimer incestueusement Je voudrais que tu eusses été ma cousine pour qu’on se soit aimés très jeunes Je voudrais que tu sois mon cheval pour te chevaucher longtemps, longtemps Je voudrais que tu sois mon cœur pour te sentir toujours en moi. Je voudrais que tu sois le paradis ou l’enfer selon le lieu où j’aille Je voudrais que tu sois un petit garçon pour être ton précepteur Je voudrais que tu sois la nuit pour nous aimer dans les ténèbres Je voudrais que tu sois ma vie pour être par toi seule Je voudrais que tu sois un obus boche pour me tuer d’un soudain amour.)
*(« Tout Entière », Acrylique et pierre noire sur papier naturelle, inspirée du poème éponyme de Baudelaire (Recueil : Les fleurs du mal) Le Démon, dans ma chambre haute, Ce matin est venu me voir, Et, tâchant à me prendre en faute, Me dit : » Je voudrais bien savoir, Parmi toutes les belles choses Dont est fait son enchantement, Parmi les objets noirs ou roses Qui composent son corps charmant, Quel est le plus doux. « – Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré : » Puisqu’en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré. Lorsque tout me ravit, j’ignore Si quelque chose me séduit. Elle éblouit comme l’Aurore Et console comme la Nuit ; Et l’harmonie est trop exquise, Qui gouverne tout son beau corps, Pour que l’impuissante analyse En note les nombreux accords. Ô métamorphose mystique De tous mes sens fondus en un ! Son haleine fait la musique, Comme sa voix fait le parfum ! « )