« Raté ! Les tribulations d’un artiste contemporain »

Raté HD

« « Raté ! Les tribulations d’un artiste contemporain» est un journal pamphlétaire. Dans un style ironique, voire cynique, Vadim Korniloff dénonce notre lâcheté ordinaire, celle de nous abandonner au nouvel ordre sociétal : le lisse, le facile. À des anecdotes du réel se mêlent : ses réflexions, ses lectures et son ressenti personnel sur l’art, qui selon Zygmunt Bauman n’aurait pas d’autre but que celui « d’améliorer le monde »… Mais « divertir » est le but ultime de l’art aujourd’hui ! Et suivant l’adage d’Edouard Limonov, tout comme lui, Vadim Korniloff préfère être un « raté ! », plutôt qu’un vendu ! »

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Livre disponible sur les sites marchands suivants:  

hisler-even.com:

http://www.hisler-even.com/livre/7183940-rate–vadim-korniloff-edilivre-aparis

fnac.com :

http://livre.fnac.com/a7255666/Vadim-Korniloff-Rate

amazon.fr :

http://www.amazon.fr/Rate-Vadim-Korniloff/dp/2332707743/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1401894160&sr=1-1&keywords=vadim+korniloff

Ou encore sur edilivre.com  et chapitre.com.

Book trailer (réalisé et monté par Nicolas Kersiak):

TEXTE DE PRESENTATION de « Raté ! Les tribulations d’un artiste contemporain » (Librairie Hisler-Even, le samedi 24 janvier 2015) :

Pour commencer je vais vous présenter mon Pamphlet. Qui dit pamphlet dit style pamphlétaire, c’est-à-dire ironique, cynique voire parfois moqueur. Cependant j’ai conscience qu’il n’est peut-être pas toujours très objectif, mais qui peut l’être au fond ?

La construction de ce livre est une alternance d’anecdotes vécues et de réflexions personnelles, nourries de mes diverses lectures sur le sujet : Vous l’aurez compris j’espère, il s’agit ici d’art, et surtout de notre perception et appréciation de l’art aujourd’hui ainsi que des mécanismes de valorisation de « l’objet » œuvre d’art.
Tout d’abord, avant de continuer, je pense qu’il est important de vous donner ma propre définition de l’artiste ainsi que celle de l’art, ou plutôt de l’œuvre d’art. Pour moi un artiste est un individu qui a propension à transformer, à sublimer ses propres émotions et sentiments dans des médiums artistiques tels que la peinture, le dessin, la littérature, la sculpture, etc. Cette propension est ce que l’on appelle plus communément le » talent », « le don. »

Petite parenthèse, j’ai constaté, mais je pense ne pas être le seul (!), que les œuvres d’art contemporaines (celles défendues par nos institutions), font partie en grande majorité du domaine de celui de la fabrication d’objet à partir d’un projet ou d’un discours, et non pas de celui du domaine du savoir-faire artistique mis au service des émotions d’un artiste. Parenthèse fermée. C’est, je pense, important de rappeler ici cette nuance.

L’art, du moins l’œuvre d’art, n’est autre pour moi qu’une production artistique, donc culturelle, voire une production de civilisation. C’est une forme d’écriture, de témoignage de l’instant, une mémoire : c’est notre mémoire collective. Je vous cite ici une très courte mais très belle définition de René Huyghe, conservateur et philosophe de l’art :

« (L’art c’est) l’âme des temps et des peuples.»

Tout comme l’écriture ou la parole, l’art est un vecteur, un transmetteur culturel. Et contrairement aux instigateurs et « animateurs » d’une certaine forme d’art actuel, c’est-à-dire l’art contemporain, je ne pense pas qu’une technique d’expression artistique (ou pas) puisse en chasser une autre :
Par exemple, quand l’écriture est apparue nous n’avons pas, à ma connaissance, cessé de parler ! Idem pour l’apparition du cinéma, le théâtre n’a pas disparu pour autant… enfin pas encore !

Je pense que la manière la plus concrète et explicite de vous dire ici ce qui m’a poussé à écrire ce pamphlet, c’est de prendre des exemples dans le réel, bref des faits et non des opinions. Je vais donc vous raconter deux événements qui se sont déroulés il y a quelques mois et qui n’ont dans la forme rien en commun, mais dont le fond suscite chez moi un certain malaise.
En octobre 2014, lors de la manifestation de la FIAC (Foire internationale de l’art contemporain à Paris), nos gestionnaires de la culture ont installé Place Vendôme à Paris une œuvre de l’artiste américain Mc Carthy : un gigantesque godemiché gonflable (30m de haut !), un sex-toy (un Plug-anal pour les initiés !). Je ne vais pas m’exprimer sur la valeur esthétique de cette œuvre, mon propos n’est pas ici du domaine du « goût ». De plus si l’on considère que notre production culturelle se doit d’être à l’image de notre société, bref de « l’air du temps », ce moment étant celui de Nabila, Zahia et consorts, vous conviendrez qu’au fond cette « œuvre » n’a rien de très choquante. (C’est peut-être pourquoi elle est un peu ratée à mon sens, puisque sa valeur réside surtout dans sa capacité à choquer !).
Puis coup de théâtre : cette œuvre ne faisant (vraiment) pas l’unanimité, elle se fait vandaliser le soir même ! Ce qui permet à l’artiste Mc Carthy de bénéficier d’une publicité médiatique importante, emportée par l’indignation d’une grande partie de nos politiques et autres gestionnaires de la culture… on appelle cela aujourd’hui : un buzz !
Les experts de nos institutions culturelles défendaient l’œuvre de Mc Carthy, en la comparant à celle de Gustave Courbet : « L’origine du monde », tout en omettant le fait que cette dernière n’avait pas pour vocation de choquer qui que ce soit, puisqu’elle était l’objet d’une commande privée (donc n’avait pas vocation à être exposée) ! Mais le plus drôle c’est que ces mêmes experts nous expliquent également que tout comme Mc Carthy, en leur temps, des artistes tels Gauguin, Van Gogh, Cézanne, et beaucoup d’autres, n’étaient pas compris du public. Mais ils oublient également de nous dire qu’ils n’étaient pas compris, c’est vrai, du public, mais également des institutions officielles ! En fait ces artistes (Gauguin, Van Gogh, Cézanne et les autres) avaient tout le monde contre eux ! À la différence de Mc Carthy avec ses godemichés et autres cacas gonflables (il fait ça aussi !), qui lui est aujourd’hui largement plébiscité et soutenu par les institutions officielles. Bref, la seule conclusion à mes yeux, est que nos experts institutionnels sont souvent à côté de la plaque. Mais bon, rien de très étonnant, je crois savoir qu’ils ne lisent pas… (dixit Fleur Pellerin, ministre de..? ).

Dans le même temps (le deuxième événement !), à quelques jours d’intervalle, j’apprends qu’un couple de touristes provenant d’un pays du Golfe, s’est fait gentiment exclure d’un spectacle qui se déroulait à l’Opéra de Paris, durant l’entracte. Non pas parce que la femme arborait un godemiché géant sur la tête, mais parce qu’elle était voilée. Je ne vais pas ici rentrer dans des considérations d’ordre moral, philosophique ou politique, à savoir : est-ce que le voile c’est bien ou mal ? Je ne suis pas un spécialiste de la question.
Cependant je crois savoir que même sans voile certains hommes peuvent soumettre une femme et que même si c’était le cas ici : en plus d’être soumise, nos institutions (c’est-à-dire la même bande d’indignés du godemiché géant vandalisé !) l’ont tout simplement humiliée, cette touriste du Golfe … Enfin c’est mon sentiment. Et je vous rappelle qu’il était question de touristes venant d’un pays culturellement et traditionnellement différent du nôtre. Enfin si ce « détail » a encore un sens aujourd’hui !

Pour conclure, ces deux histoires totalement distinctes l’une de l’autre, illustrent pour moi une forme de paradoxe schizophrénique de l’état de notre culture, voire de notre civilisation. Ces deux événements suscitent chez moi beaucoup de réflexions quant à nos choix et directions artistiques et culturelles. Enfin j’espère, sans prétention aucune, que la lecture de mon pamphlet suscitera également chez vous une réflexion, un questionnement (auquel d’ailleurs je ne réponds pas forcément dans mon livre !) sur la place et le rôle de l’art, ainsi que de ses productions culturelles que sont les œuvres d’art dans notre société actuelle. Alors vous prendrez peut-être conscience, comme l’avait conclu Hanna Arendt dans « La Crise de la culture », qu’une culture de masse se doit de nous cultiver, de nous « améliorer », et qu’elle ne peut et ne doit pas se contenter de transformer tout objet culturel en un temps de loisirs, et que notre rapport à l’art ne se limite pas à celui de l’évènement, à celui du divertissement, bref à celui de la pure consommation.

Vadim Korniloff »


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