Archives d’Auteur: vadimkorniloff

Couple Mondain Contemporain

(acrylique sur toile, 100/100cm.)

La Boucle Retrouvée*

*(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916).
Il retrouve dans sa mémoire
La boucle de cheveux châtains
T’en souvient-il à n’y point croire
De nos deux étranges destins
Du boulevard de la Chapelle
Du joli Montmartre et d’Auteuil
Je me souviens murmure-t-elle
Du jour où j’ai franchi ton seuil
Il y tomba comme un automne
La boucle de mon souvenir
Et notre destin qui t’étonne
Se joint au jour qui va finir

Le Départ*

*(Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (Calligrammes, Poèmes de la paix et de la guerre, 1913-1916)
Et leurs visages étaient pâles
Et leurs sanglots s’étaient brisés
Comme la neige aux purs pétales
Ou bien tes mains sur mes baisers
Tombaient les feuilles automnales

Mon Verre S’Est Brisé Comme Un Éclat De Rire*

*(« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée par le poème de Guillaume Apollinaire :
Nuit rhénane (Rhénanes, Alcools, 1913)
Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d’un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n’entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été
Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire)

Mourir De Tendresse*

*(« Mourir De Tendresse », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Barnabé Farmian Durosoy (1766).
Ô toi ! l’unique objet que mon cœur puisse aimer ;
Toi, qui fis naître en moi le plus tendre délire,
Apprends que le destin te fit pour me charmer,
Et qu’un dieu me créa pour suivre ton empire.
Mon cœur s’attache au tien ; tu fais son existence ;
Le souffle de ta bouche est l’objet de mes vœux ;
Près de toi je l’aspire, et je brûle en silence ;
Je t’adore, et succombe à l’excès de mes feux.
Objet aimé, ta vue est pour moi le bonheur :
Mes sens en sont troublés, mon âme est dans l’ivresse :
Ah ! laisse-moi toujours te dévouer mon cœur,
Te consacrer ma vie, et mourir de tendresse.)

Le Revenant*

*(« Le Revenant », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Charles BAUDELAIRE (recueil « Les fleurs du mal ».)
Comme les anges à l’œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit,
Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d’une fosse rampant.
Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu’au soir il fera froid.
Comme d’autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l’effroi.)

Je Voudrais Que Tu Sois Le Paradis*

*(« Je Voudrais Que Tu Sois Le Paradis », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème de Guillaume Apollinaire, « Gui chante pour Lou » (Recueil – Poèmes à Lou)
Mon ptit Lou adoré
Je voudrais mourir un jour que tu m’aimes
Je voudrais être beau pour que tu m’aimes
Je voudrais être fort pour que tu m’aimes
Je voudrais être jeune pour que tu m’aimes
Je voudrais que la guerre recommençât pour que tu m’aimes
Je voudrais te prendre pour que tu m’aimes
Je voudrais te fesser pour que tu m’aimes
Je voudrais te faire mal pour que tu m’aimes
Je voudrais que nous soyons seuls dans une chambre d’hôtel à Grasse pour que tu m’aimes
Je voudrais que nous soyons seuls dans mon petit bureau près de la terrasse couchés sur le lit de fumerie pour que tu m’aimes
Je voudrais que tu sois ma sœur pour t’aimer incestueusement
Je voudrais que tu eusses été ma cousine pour qu’on se soit aimés très jeunes
Je voudrais que tu sois mon cheval pour te chevaucher longtemps, longtemps
Je voudrais que tu sois mon cœur pour te sentir toujours en moi.
Je voudrais que tu sois le paradis ou l’enfer selon le lieu où j’aille
Je voudrais que tu sois un petit garçon pour être ton précepteur
Je voudrais que tu sois la nuit pour nous aimer dans les ténèbres
Je voudrais que tu sois ma vie pour être par toi seule
Je voudrais que tu sois un obus boche pour me tuer d’un soudain amour.)

Tout Entière*

*(« Tout Entière », Acrylique et pierre noire sur papier naturelle, inspirée du poème éponyme de Baudelaire (Recueil : Les fleurs du mal)
Le Démon, dans ma chambre haute,
Ce matin est venu me voir,
Et, tâchant à me prendre en faute,
Me dit :  » Je voudrais bien savoir,
Parmi toutes les belles choses
Dont est fait son enchantement,
Parmi les objets noirs ou roses
Qui composent son corps charmant,
Quel est le plus doux. « 
– Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré :
 » Puisqu’en Elle tout est dictame,
Rien ne peut être préféré.
Lorsque tout me ravit, j’ignore
Si quelque chose me séduit.
Elle éblouit comme l’Aurore
Et console comme la Nuit ;
Et l’harmonie est trop exquise,
Qui gouverne tout son beau corps,
Pour que l’impuissante analyse
En note les nombreux accords.
Ô métamorphose mystique
De tous mes sens fondus en un !
Son haleine fait la musique,
Comme sa voix fait le parfum ! « )


Un Instant D’Infini*

*Acrylique sur papier, 40/30cm, peinture inspiré par ce passage de la pièce de théâtre « Cyrano de Bergerac » de Edmond Rostand.
« …/
Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui se veut confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le cœur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme.
…/ »

Si Je Mourais Là-bas*

*Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (recueil : Poèmes à Lou, 1915)
Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur
Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier
Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants
Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté
Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie
Ô mon unique amour et ma grande folie