*(« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée par le poème de Guillaume Apollinaire : Nuit rhénane (Rhénanes, Alcools, 1913) Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme Écoutez la chanson lente d’un batelier Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds Debout chantez plus haut en dansant une ronde Que je n’entende plus le chant du batelier Et mettez près de moi toutes les filles blondes Au regard immobile aux nattes repliées Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter La voix chante toujours à en râle-mourir Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire)
*(« Mourir De Tendresse », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Barnabé Farmian Durosoy (1766). Ô toi ! l’unique objet que mon cœur puisse aimer ; Toi, qui fis naître en moi le plus tendre délire, Apprends que le destin te fit pour me charmer, Et qu’un dieu me créa pour suivre ton empire. Mon cœur s’attache au tien ; tu fais son existence ; Le souffle de ta bouche est l’objet de mes vœux ; Près de toi je l’aspire, et je brûle en silence ; Je t’adore, et succombe à l’excès de mes feux. Objet aimé, ta vue est pour moi le bonheur : Mes sens en sont troublés, mon âme est dans l’ivresse : Ah ! laisse-moi toujours te dévouer mon cœur, Te consacrer ma vie, et mourir de tendresse.)
*(« Le Revenant », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Charles BAUDELAIRE (recueil « Les fleurs du mal ».) Comme les anges à l’œil fauve, Je reviendrai dans ton alcôve Et vers toi glisserai sans bruit Avec les ombres de la nuit, Et je te donnerai, ma brune, Des baisers froids comme la lune Et des caresses de serpent Autour d’une fosse rampant. Quand viendra le matin livide, Tu trouveras ma place vide, Où jusqu’au soir il fera froid. Comme d’autres par la tendresse, Sur ta vie et sur ta jeunesse, Moi, je veux régner par l’effroi.)
*(« Je Voudrais Que Tu Sois Le Paradis », acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème de Guillaume Apollinaire, « Gui chante pour Lou » (Recueil – Poèmes à Lou) Mon ptit Lou adoré Je voudrais mourir un jour que tu m’aimes Je voudrais être beau pour que tu m’aimes Je voudrais être fort pour que tu m’aimes Je voudrais être jeune pour que tu m’aimes Je voudrais que la guerre recommençât pour que tu m’aimes Je voudrais te prendre pour que tu m’aimes Je voudrais te fesser pour que tu m’aimes Je voudrais te faire mal pour que tu m’aimes Je voudrais que nous soyons seuls dans une chambre d’hôtel à Grasse pour que tu m’aimes Je voudrais que nous soyons seuls dans mon petit bureau près de la terrasse couchés sur le lit de fumerie pour que tu m’aimes Je voudrais que tu sois ma sœur pour t’aimer incestueusement Je voudrais que tu eusses été ma cousine pour qu’on se soit aimés très jeunes Je voudrais que tu sois mon cheval pour te chevaucher longtemps, longtemps Je voudrais que tu sois mon cœur pour te sentir toujours en moi. Je voudrais que tu sois le paradis ou l’enfer selon le lieu où j’aille Je voudrais que tu sois un petit garçon pour être ton précepteur Je voudrais que tu sois la nuit pour nous aimer dans les ténèbres Je voudrais que tu sois ma vie pour être par toi seule Je voudrais que tu sois un obus boche pour me tuer d’un soudain amour.)
*(« Tout Entière », Acrylique et pierre noire sur papier naturelle, inspirée du poème éponyme de Baudelaire (Recueil : Les fleurs du mal) Le Démon, dans ma chambre haute, Ce matin est venu me voir, Et, tâchant à me prendre en faute, Me dit : » Je voudrais bien savoir, Parmi toutes les belles choses Dont est fait son enchantement, Parmi les objets noirs ou roses Qui composent son corps charmant, Quel est le plus doux. « – Ô mon âme ! Tu répondis à l’Abhorré : » Puisqu’en Elle tout est dictame, Rien ne peut être préféré. Lorsque tout me ravit, j’ignore Si quelque chose me séduit. Elle éblouit comme l’Aurore Et console comme la Nuit ; Et l’harmonie est trop exquise, Qui gouverne tout son beau corps, Pour que l’impuissante analyse En note les nombreux accords. Ô métamorphose mystique De tous mes sens fondus en un ! Son haleine fait la musique, Comme sa voix fait le parfum ! « )
*Acrylique sur papier, 40/30cm, peinture inspiré par ce passage de la pièce de théâtre « Cyrano de Bergerac » de Edmond Rostand. « …/ Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce? Un serment fait d’un peu plus près, une promesse Plus précise, un aveu qui se veut confirmer, Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer; C’est un secret qui prend la bouche pour oreille, Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille, Une communion ayant un goût de fleur, Une façon d’un peu se respirer le cœur, Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme. …/ »
*Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (recueil : Poèmes à Lou, 1915) Si je mourais là-bas sur le front de l’armée Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt Un obus éclatant sur le front de l’armée Un bel obus semblable aux mimosas en fleur Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace Couvrirait de mon sang le monde tout entier La mer les monts les vals et l’étoile qui passe Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace Comme font les fruits d’or autour de Baratier Souvenir oublié vivant dans toutes choses Je rougirais le bout de tes jolis seins roses Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants Le fatal giclement de mon sang sur le monde Donnerait au soleil plus de vive clarté Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde Un amour inouï descendrait sur le monde L’amant serait plus fort dans ton corps écarté Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie — Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur — Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur Et sois la plus heureuse étant la plus jolie Ô mon unique amour et ma grande folie
*Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème éponyme de Guillaume Apollinaire (receuil : Poèmes à Lou – 1915) Lorsque deux nobles cœurs se sont vraiment aimés Leur amour est plus fort que la mort elle-même Cueillons les souvenirs que nous avons semés Et l’absence après tout n’est rien lorsque l’on s’aime
*Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du poème « Il lui disait » de Victor Hugo (recueil Les Contemplations) Il lui disait : « Vois-tu, si tous deux nous pouvions, L’âme pleine de foi, le cœur plein de rayons, Ivres de douce extase et de mélancolie, Rompre les mille nœuds dont la ville nous lie ; Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou, Nous fuirions ; nous irions quelque part, n’importe où, Chercher loin des vains bruits, loin des haines jalouses, Un coin où nous aurions des arbres, des pelouses ; Une maison petite avec des fleurs, un peu De solitude, un peu de silence, un ciel bleu, La chanson d’un oiseau qui sur le toit se pose, De l’ombre ; — et quel besoin avons-nous d’autre chose ? » Juillet 18…
*Acrylique sur papier naturel, 40/30cm, peinture inspirée du roman éponyme de Charles Baudelaire (recueil : Les fleurs du mal). Aujourd’hui l’espace est splendide ! Sans mors, sans éperons, sans bride, Partons à cheval sur le vin Pour un ciel féerique et divin ! Comme deux anges que torture Une implacable calenture, Dans le bleu cristal du matin Suivons le mirage lointain ! Mollement balancés sur l’aile Du tourbillon intelligent, Dans un délire parallèle, Ma sœur, côte à côte nageant, Nous fuirons sans repos ni trêves Vers le paradis de mes rêves !